JOCKEY

Aller vite, rester sur sa monture, le fessier à peine posé sur la selle, franchir les obstacles s’enchaînant les uns après les autres. Les spectateurs parient sur vous, sur votre cheval, vous classent dans l’ordre d’arrivée espérant de faire le parie gagnant.

Nous sommes à l’hippodrome du Pont-Long, à Pau, haut lieu d’équitation, dans une journée hivernale. Ici, l’équitation règne. Depuis qu’Henri IV a foulé le sol Palois sur son cheval blanc, de multiples courses ont eu lieu, que ce soit sur l’hippodrome, ou sur le domaine de Sers, non loin de là, avec son prestigieux Concours Complet Hippique 5 étoiles : “Les Étoile de Pau”.

Des cavaliers

Des hommes et des femmes animés par une même passion : le cheval. Je trouve qu’ils ont une certaine classe, habillés de la tête aux pieds dans l’uniforme propre à leur discipline. La bombe, casque du cavalier, est assortie à la tenue, grâce à une toque. Les lunettes, teintées ou non, les protègent du vent et des projections de terre et de sable venant des cavaliers qui les précèdent. La veste semble légère, comme si elle était faite de soie, et ses couleurs peuvent être reconnues de loin. Le pantalon, blanc, donne une silhouette élancée au jockey. Les bottes, remontant jusqu’en haut du tibia, de couleur noire, viennent renforcer le contraste.

Ils arrivent, impeccables, sur le rond de présentation, grimpent sur leurs montures et se préparent pour quelques minutes intenses de course.

Le destrier

C’est lui qui fournit l’effort, qui court et qui franchit les obstacles. Dans la froideur hivernale, on voit l’eau s’évaporer de son corps. Ce sont des athlètes, entraînés pour courir, franchir des obstacles et gagner, en restant devant les autres concurrents.

Il est équipé pour la course, loin de tout confort : la selle est fine, les étriers sont courts, certains ont des protections ou des bandages. Avant la course, une longue préparation a eu lieu. Les muscles sont saillants, et parfois, on distingue un réseau capillaire sur certains chevaux.

Après la course, ils ont à leur disposition du personnel pour les faire marcher, les aider à récupérer après un effort intense, et un plaid est parfois posé sur leur dos.

Public

C’est tout un monde qui vient observer les courses d’équitation. On en retrouve dans le hall du bâtiment principal, dehors, dans les gradins, autour de la buvette ou accoudés aux barrières séparant le terrain de course de l’espace public.

Certains viennent en famille : les parents emmènent leurs enfants voir ce spectacle gratuit. C’est probablement à cet instant, pour les enfants, que peut naître le souhait de devenir un jour jockey. Certains parents doivent alors entendre la demande : « Peut-on avoir un cheval à la maison ? ». J’ai eu la chance d’avoir une prairie bordant la maison de mes parents : j’ai côtoyé pendant quelques années deux chevaux nommés Mistral et Alegria, qui venaient me voir dès que je m’approchais de ce fameux “fil à vache” nous séparant.

J’ai toujours pensé que ce sont des animaux avec lesquels l’humain peut avoir une réelle connexion.

Il y a aussi le parieur, soucieux de savoir s’il a fait le bon choix, s’il aura le quinté dans l’ordre. Il vient souvent seul, parfois équipé de jumelles, concentré sur la course. Il se demande s’il a bien fait de parier sur Krack du Bonheur plutôt que sur Furioso.

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